Blanche ODIN

Blanche ODIN
26 février 1865 - 3 août 1957
Enfant fragile elle vient s’installer dans les Hautes-Pyrénées vers l’âge de 12 ans.
A 15 ans elle se fixe à Bagnères de Bigorre, elle commence à mettre à profit ses connaissances pour traduire sur ivoire des portraits miniatures des notables qui le lui demandent, cet exercice étant très en vogue à l’époque.
Depuis sa petite enfance, elle s’emploie à reproduire tout ce qu’elle voit avec une application minutieuse. Ces exercices sont les fondations de son talent et de sa vocation. Elle met beaucoup d’acharnement à tout connaître.
Elle exécute des carnets des sujets peints sur le vif elle utilise des ombres portées crayonnées sur l’un des côtés. Pratique qui avait cours dans les siècles passés.
Elle est placée chez les Ursulines où elle bénéficie d’un enseignement prodigués aux jeunes filles de bonne société, elle apprend à manier le verbe avec style et découvre fascinée l’épopée des enlumineurs. Elle a enluminé son livre d’heures et calligraphié les textes à la plume. Ces pages sont un alléluia à ces années passées dans un lieu où elle se sentait bien. Elle hésita longtemps à prendre le voile ou le chemin du monde des artistes.
A 20 ans elle doit faire son choix, Edouard Manet vient de décéder. La séparation du groupe des impressionnistes est annoncée. L’effervescence règne dans le monde de la peinture.
Blanche Odin ne fréquente pas les groupes d’artistes pourtant elle suit les expositions et se tient au courant de l’évolution des techniques et méthodes de travail.
Les hommes ont depuis toujours fermé les portes de l’Ecole des Beaux Arts aux femmes. Elle sait qu’il lui faudra une volonté sans faille.
Qui d’autre qu’une femme aurait la patience de colorier les planches botaniques, les images pieuses ou les estampes de toutes sortes ? Les hommes touchent au grand art les femmes à la pratique des arts graphiques. Cette discrimination lui pèse.
Elle effectuera donc des travaux qui lui sont condescendus : peinture sur porcelaine, miniatures portraits de camées, peintures de fleurs… Elle est sûre de la voix qu’elle emprunte elle tient bon malgré l’ironie.
Elle se consacre à la peinture de fleurs et de fruits, elle est alors distinguée à l’exposition universelle de 1878
Sa signature évolue et s’affirme pour devenir un paraphe fort et solide évoquant tout l’aboutissement de son travail.
Elle décide donc de mener cette technique dite de troisième ordre au somme de l’art. En empruntant la voix de l’aquarelle elle ne choisit pas la facilité.
Elle est captivée par P.J. Redouté, Delacroix. Paul Cézanne.
Le 23 novembre 1894 elle obtient la médaille de vermeil à l’exposition internationale du Livre et des Industries du Papier.
Dans les années 1900 elle rencontre Madeleine Lemaire artiste dont la réputation n’est plus à faire et devient l’élève de madame Herbelin miniaturiste distinguée puis de Chaplin. Cette année là son aquarelle « Roses » reçoit l’avis favorable du jury pour une participation au Salon des Artistes Français sous le N° 1679.
En 1902, la Société des Amis des Art de Toulon lui décerne la troisième médaille. Ainsi suivent ne nombreuses autres médailles et distinctions.
Elle finit même par être classée hors concours tant son travail dépasse celui des autres artistes.
Sa participation au Salons des Artistes Français sera effective jusqu’en 1945
Vers 1921 elle ouvre un cours tous les étés. C’est un professeur intransigeant il n’est pas question de félicitations imméritées. Seule la perfection compte pour elle.
En 1938 elle offre à la ville de Bagnères 48 aquarelles. Malgré les restrictions de la guerre elle ne cesse jamais de peindre, mais la pénurie touche l’art, surtout les acheteurs. Le prix des roses et des couleurs sont hors de prix, la pauvreté impose ses sujets et les fruits deviennent des thèmes privilégiés.
En 1949 elle est promue Chevalier de la Légion d’Honneur.
Le 3 août 1957 elle décède à l’hôpital laissant derrière elle toutes ces roses, gentianes et giroflées.
Source : Blanche Odin – Passion Aquarelles – M. PUJO MONFRAN Editions Equinoxe Couleurs du Sud